LA SAINTE BIBLE
Ancien Testament
Les livres déotérocanoniques (* = D) de l'Ancien Testament
|
Version :
Bible catholique Crampon 1923 (BCC1923)
(N.B. : Les sous-titres sont insérés par notre page)
L'ECCLÉSIASTIQUE (SIRACIDE)**
La traduction contenue dans cette édition de la bible Crampon suit la version grecque officielle, mais garde, insérées entre crochets, les leçons propres à la version latine qui figurent dans les manuscrits grecs autorisés.
PROLOGUE
De nombreuses et excellentes leçons nous ont été transmises par la loi, les prophètes et les autres écrivains qui les ont suivis, ce qui assure à Israël une sagesse. Et, comme non seulement ceux qui les lisent acquièrent la science, mais encore ceux qui les étudient avec zèle se rendent capables d'être utiles à ceux du dehors par leur parole et leurs écrits, mon aïeul Jésus, qui s'était beaucoup appliqué à la lecture de la loi, des prophètes et des autres livres de nos pères, et qui y avait acquis une grande habileté, fut amené à composer, lui aussi, un écrit ayant trait à la formation morale et à la sagesse, afin que ceux qui ont le désir d'apprendre, s'attachant aussi à ce livre, progressent de plus en plus dans une vie conforme à la loi.
Je vous exhorte donc à en faire la lecture avec bienveillance et attention, et à vous montrer indulgents dans les endroits où, malgré le soin que nous avons apporté à le traduire, nous paraîtrions avoir mal interprété quelques mots; car les termes hébreux n'ont pas la même force en passant dans une autre langue. Ce défaut ne se rencontre pas seulement dans ce livre; mas la loi elle-même, les prophéties et les autres livres sacrés n'offrent pas qu'un petit nombre de différences, quand on compare la version à l'original.
Etant allé en Egypte en la trente-huitième année du règne d'Evergète, je trouvai pendant mon séjour que l'instruction religieuse était loin d'égaler la nôtre. J'ai donc regardé comme très nécessaire de donner quelque soin et quelque labeur à la traduction de ce livre. A cet effet, j'ai consacré à cette œuvre, durant ce temps, beaucoup de veilles et d'application, afin de la conduire à bonne fin et de la publier pour ceux aussi qui, sur la terre étrangère, sont désireux de s'instruire et disposés à conformer leur vie à la loi du Seigneur.
* * * * *
1 Rends au médecin pour tes besoins les honneurs qui lui sont dus; car, lui aussi, c'est le Seigneur qui l'a créé.
2 C'est du Très-Haut, en effet, que vient la guérison, et du roi lui-même il reçoit des présents.
3 La science du médecin élève sa tête, et il est admiré en présence des grands.
4 Le Seigneur fait produire à la terre ses médicaments, et l'homme sensé ne les dédaigne pas.
5 Un bois n'a-t-il pas adouci l'eau amère, afin que sa vertu fût connue de tous?
6 Il a donné aux hommes la science, pour se glorifier par ses dons merveilleux.
7 Par eux l'homme procure la guérison, et enlève la douleur.
8 Le pharmacien en fait des mixtions, et son œuvre est à peine achevée que par lui le bien-être se répand sur la face de la terre.
9 Mon fils, si tu es malade, ne néglige pas mon conseil, mais prie le Seigneur, et il te guérira.
10 Eloigne la transgression, redresse tes mains, et purifie ton cœur de tout péché.
11 Offre l'encens et l'oblation de farine, et immole de grasses victimes, comme si c'en était fait de toi.
12 Puis donne accès au médecin, car, lui aussi, le Seigneur l'a créé, et qu'il ne s'éloigne pas de toi, car tu as besoin de lui.
13 Il arrive que leurs mains ont du succès,
14 car eux aussi prieront le Seigneur, afin qu'il leur accorde de procurer le repos et la guérison, pour prolonger la vie du malade.
15 Que celui qui pèche devant son Créateur tombe entre les mains du médecin !
16 Mon fils, répands des pleurs sur un mort, et, comme si tu souffrais cruellement, commence la lamentation. Puis donne à son corps les soins qui lui sont dus, et ne néglige pas sa sépulture.
17 Verse des larmes amères, exhale des soupirs brûlants, et fais le deuil, selon qu'il en est digne, un jour ou deux, pour éviter les mauvais propos. Ensuite console-toi, pour éloigner la tristesse;
18 car de la tristesse peut venir la mort, et le chagrin du cœur abat toute vigueur.
19 Quand on emmène un mort, le chagrin doit passer avec lui, comme la vie du pauvre est contre son cœur.
20 N'abandonne pas ton cœur à la tristesse; chasse-la, te souvenant de ta fin.
21 Ne l'oublie pas : il n'y a point de retour; tu ne seras pas utile au mort, et tu feras du mal à toi-même.
22 Souviens-toi qu'à l'arrêt porté sur lui, le tien sera pareil : « Pour moi hier, pour toi aujourd'hui. »
23 Quand le mort repose, laisse reposer sa mémoire, et console-toi à son sujet, au départ de son esprit.
24 La sagesse du scribe s'acquiert à la faveur du loisir, et celui qui n'a pas à s'occuper d'affaires deviendra sage.
25 Comment deviendrait-il sage celui qui gouverne la charrue, dont l'ambition est de manier, en guise de lance, l'aiguillon; qui pousse ses bœufs et se mêle à leurs travaux, et ne sait discourir que des petits des taureaux?
26 Il met tout son cœur à tracer des sillons, un soin vigilant à procurer le fourrage à ses génisses.
27 Il en est de même de tout charpentier et constructeur, qui poursuivent leurs occupations la nuit comme le jour; de celui qui grave les empreintes des cachets :son application est de varier les figures; il met son cœur à reproduire le dessin, un soin vigilant à parfaire son ouvrage.
28 Tel est le forgeron assis près de son enclume, et considérant le fer encore brut; la vapeur du feu fait fondre ses chairs, et il tient bon contre la chaleur de la fournaise; le bruit du marteau assourdit son oreille, et son œil est fixé sur le modèle de l'ustensile. Il met son cœur à parfaire son œuvre, un soin vigilant à la polir dans la perfection.
29 Tel encore le potier assis à son ouvrage, et tournant la roue avec ses pieds :constamment il est en souci de son travail, et tous ses efforts tendent à fournir un certain nombre de vases.
30 Avec son bras il façonne l'argile, et devant ses pieds il la rend flexible; il met son cœur à parfaire le vernis, un soin vigilant à nettoyer son four.
31 Ces sortes de gens attendent tout de leurs mains, et chacun d'eux est intelligent dans son métier.
32 Sans eux on ne bâtirait aucune ville, on n'irait pas à l'étranger, on ne voyagerait pas.
33 Mais ils ne seront pas recherchés dans le conseil du peuple, et ils ne se distingueront pas dans l'assemblée; ils n'auront pas la science de l'alliance du droit; ils ne prendront point place sur le siège du juge; ils n'interpréteront pas la justice et le droit, et on ne les trouvera pas pour énoncer des sentences.
34 Cependant ils soutiennent les choses du temps, et leur prière se rapporte aux travaux de leur métier.
Version :
Bible catholique Crampon 1923 (BCC1923)
(N.B. : Les sous-titres sont insérés par notre page)